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Poésie, balades et lectures

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Julien Marcland

 Poésie   - Parrain du festival

Julien Marcland est à la fois poète, metteur en scène et comédien. Après des études de philosophie et de théâtre et une carrière dans l’enseignement, il s’oriente vers la création. Il a écrit une dizaine d’ouvrages de poésie et de théâtre, ainsi qu’un jeu très poétique et pédagogique, Duodecim. Proche de l’Oulipo, il anime régulièrement des ateliers d’écriture en France. 

Poésie :
  • Sedj, Éditions Les Lieux-Dits, collection « Les parallèles croisées », 2022.

  • Beaux présents dorés, Christophe Chomant Éditeur, 2018.

  • Parole et musique, Éditions Le Veilleur, 2004.

  • Neige, Éditions Les Cygnes, 2000.

  • Dans les revues Carnet de route 1 et 3, Anthologie des poètes pas mort 1 et 2, L’anthologie des nouveaux poètes français, L’arbre à parole, Le système poétique des éléments, Hurle-vent, Recours au poème, etc.

  • Partitions d’un oiseau perdu, collection Les parallèles croisées, Éditions Lieux-Dits, 2024

  • Nadal (qui va à la chasse perd sa place), 2024

Théâtre :
  • Sylva, ou la piste interdite, Les Cygnes, 2023.

  • Sur l’Oubli, suivi de Que le temps dure, Éditions Les Cygnes, 2012.

  • Réclame, Éditions Les Cygnes, 2007.

Fiction :
  • Un jour neuf, Éditions Unicité, 2021.

  • Galets, Flots (sanglots), Sables, et Amers, Éditions Unicité, 2023.

Traduction (poésie) :
  • The Red Gaze, Regard rouge, de Barbara Guest, en collaboration avec Molly Lou Freemann, Christophe Chomant Éditeur, 2022.

  • Soir d’été, d’après des poèmes de Geoffrey Nutter, en collaboration avec Molly Lou Freemann, Christophe Chomant Éditeur, 2019.

Autres (Jeu) :
  • Duodecim, « Faites des vers sans en avoir l’air », jeu de cartes et de poésie, Playfactory, 2018.

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Albane Gellé

 Poésie 

" Albane Gellé est née à Guérande et elle vit à Chênehutte. Elle écrit depuis l'enfance, publie des livres et se déplace un peu partout pour partager la poésie, la sienne et celle des autres.
Avant de crapahuter creuser relier mes phrases, je trouve les mots qui sauront mieux que moi ce qui va s’écrire. Mots-cailloux que je peux tenir dans la main et grâce à qui je ne pourrai pas me perdre.
Je trouve ces mots dans la forêt, dans les livres, dans mes souvenirs, dans mes oublis, dans mes nuits, mes jours, dans le silence et dans l’amour, dans les dessins des artistes, dans les musiques. Je
les attrape au vol, et puis je passe du temps à les lancer, à les poser, à les voir se rencontrer sur la page, ils m’indiquent des directions auxquelles je n’avais pas pensé, ils me surprennent, ils
m’apportent de l’air et ça tombe bien, j’ai toujours l’impression d’en manquer. Les chevaux sont toujours là, eux aussi, on respire assez bien tous ensemble.
"
A.Gellé
version raccourcie du texte en préface de Pelotes Averses Miroirs, éditions L'Atelier contemporain, 2018.

Extrait de Terre 

 éditions l'Atelier Contemporain - septembre 2025 

Terre planète dans l'univers, orange
bleue tourne et ronde dans le système
d'un soleil parmi tant d'autres, parmi tant
d'autres.

 

extrait d'un poème à Antoine Emaz, dans Equilibriste de passage

 éditions Le Castor - Astral - 2022 

*
Entre les ronces je fabrique un passage
si tu veux me rejoindre, passe par les chevaux

extrait d'un poème dans Equilibriste de passage,
éditions Le Castor Astral, 2022.

*
moi aussi je ricoche
à ras de terre ou parfois
du haut de mes trente-six chandelles

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Charles Pennequin

 Poésie  

Charles Pennequin est né en 1965 dans les Haut-de-France. Il publie depuis les années 90, essentiellement de la poésie et livre de nombreuses performances en France et à l'étranger. Il a participé à de nombreuses revues de poésie et publié principalement ses livres aux éditions P.O.L et Al Dante.

« Charles Pennequin écrit jusqu’à la saturation de sa propre vie, de son propre corps. Face au public il pose en vrac ses doutes, son désarroi, l’absurdité de la vie. Circulant à travers le public ou dans la rue, il improvise au dictaphone, griffonne des poèmes avec de grands gestes nerveux – on ne sait s’il écrit ou déchire – lit debout, yeux exorbité, la bouche comme un trou. Chez Charles Pennequin l'expérience de l’écrit est douloureux. Et pourtant on rit, comme devant les farces burlesques d’un Keaton. Pour Charles Pennequin la « performance » est une pratique quotidienne qui se mêle à l’écrit, fait parti de l’écrit, d’un écrit qui serait « activisme », c’est-à-dire fondamentalement politique. En résumé, il écrit, lit, déclame, improvise, bouge et dessine ».
In le dossier Manifesten, Limoges, Al Dante.

Que veut le vent. Que veut ce que je veux. Je veux du vent. Je veux que cueille. Que je me veuille. Je suis du vent qui cueille. Qui cueille. Qui veut du vent. Qui est en vie dedans. Que veut le vent. Que veut ce que je veux. Je veux du vent. Je veux que cueille. Que je me veuille. Je suis du vent. Qui fait cueillir. Que ça me cueille. Ça veuille. Qu’on y veuille quoi. Qui fait de moi du vent. Qui vient vent cueille. En moi. Qui va du vent. Qui y revient. Qui veut que je me vienne. Que vienne en vent. Et soit cueilli de lui. Qui veut que je lui vienne. Quelle est la vue. Que je me vois. Et vienne. Et veut ma vie. Qui veut cueillir du vent. 

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Célestin de Meeûs

 Poésie  

Né à Bruxelles en 1991, Célestin de Meeûs a notamment publié Cadastres (prix de la Vocation) aux éditions Cheyne, ainsi que Cavale russe (mention spéciale du prix Apollinaire et prix Triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles). Depuis 2018, il anime les éditions de l’Angle Mort, dont il est cofondateur. En 2024, paraît Mythologie du .12 aux éditions du Sous-sol, premier roman pour lequel il reçoit le prix Stanislas et la mention spéciale du prix Wepler. 

Combien sont-ils au fond du bar
dans une lumière proche de la vocation
de Saint-Mathieu, à essuyer d’une main
la décennie de leurs plus grands
amours et ébaucher de l’autre – du haut
de leur penchant pour une avant-dernière
et le naufrage – une panoplie de petits mimes
qui revendiquent le lieu perdu
de leur naissance et l’éternel recommencement
de la lumière en incendie. Combien sont-ils
à être prêts de troquer l’ombre et de troquer
la paix pour un instant d’incertitude.

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Ysiaka Anam

 Poésie   - L'invitée du samedi

Ysiaka Anam est autrice de romans et de poésie. 
Elle aime récolter et raconter des histoires. Habiller le réel de mots, le saupoudrer de sel. Dire ce qui du dehors échoue au-dedans de nous. Déterrer, livre après livre, ce qu'on a hérité de ce qu'ont semé nos ancêtres.
En 2018, sort son premier roman, Et ma langue se mit à danser. La narratrice y parle de ses mal-aises d'enfant qui grandit en France avec le sentiment d'être "Pas-comme-il-faut". 

Son recueil de poésie, Nos peaux en portent les sillons, sort en 2024. Il regarde l'eau qui court, le temps qui ne passe pas, les corps que l'histoire a abîmés, les creux dans la mémoire. 
La même année, elle traduit l'essai Les mains de ma grand-mère du psychologue afro-américain Resmaa Menakem, qui décrit comment le racisme s'inscrit profondément dans nos corps et nos psychismes, et ouvre quelques chemins pour tenter d'en soigner les cicatrices.

Nos peaux en portent les sillons 

 Atlantiques Déchaînés - 2024 

Nous sommes nés d'avant le monde,
D’avant les secousses et les cris
D’avant la joie féroce
Et ses incessants soubresauts.

Nous sommes nés d'avant les frontières,
D’avant les guerres et leurs abysses 
Bien avant le jour insidieux
Réfugiés dans l’inépuisable nuit.

Nous sommes nés d’avant la mémoire,
D’avant la parole et ses effractions
D’avant les liens et leurs éclats
Avant que la solitude puisse se dire.

Nous sommes nés dans l’errance,
Errance sans lieu ni odeur
Nés sans terre aucune
Etrangers à nos propres empreintes.

Nous sommes éternels exilés,
Bringuebalant dans cette histoire
Sans lieu, sans temps
Sans auteur pour nous réclamer.

Puis le monde est arrivé.
Déplacés,
Nous.
Dérangés,
Nous.
Projetés dans ces foules réclamant du sens, entier, pour arrimer leur vie.

Nous sommes nés d'avant le monde,
Cet instant précis, juste avant
L’instant où tout était possible encore
Avant d’être percutés par le réel.

Nous sommes nés d’avant la mort,
Avant qu’elle soulève les épidermes
D’avant les larmes et l’oubli
Et les vers qui emportent tout.

Nous sommes ceux dont la terre a enfanté,
Lorsqu’elle cherchait des confidents
Pour bercer, pour consoler 
Son implacable esseulement.

Nous sommes nés de ce sol désemparé,
En quête d’un autre pour sentir
Un poids, tout petit, tout infime
Peser tout contre sa peau.

Nous sommes nés dans l’arrière-monde,
Répandant au gré du vent
Semences stériles, chaos fertiles
Et quémandant la poésie.

On était cette masse à la couleur méconnaissable, couleur suie, couleur cendre.
On est devenus parias, se déversant dans vos rues, une fois le monde engendré.
On nous a demandés.
Puis on nous a vomis. Encore.
Séparés, démunis.
Dépourvus, incomplets.
Privés d’appendice à porter contre nos ventres.

En quête
D’une terre pour lover nos songes.
En quête
D’autres corps pour nous porter.
En quête
De témoins pour nous faire exister.
En quête
De mélodies pour irriguer nos vies.
En quête
D’eaux neuves pour nous saouler d’allégresse.
En quête
D’une langue qui puisse accueillir nos silences.

On était cette masse informe.
Solidement ferrés aux précipices qui bordaient le monde. 
On se balançait agglutinés, sans voix propre, sans encombre.
Eaux, vents, et terres, se mêlaient.
On s’y mêlait aussi.
Viscéralement vissés à la matière, à la vie, au monde d'avant le monde.

On était complets. Moches, mais complets.

À l'aurore du monde, de langue il n'y avait pas.
Juste les murmures de la mer berçant le sable.
Les vagues susurraient des mots tendres et incompréhensibles à des oreilles absentes.
La mer écrivait ses propres pages sur le lit de ce pays amnésique.
La mer écrivant, effaçant et redonnant au monde, à chaque instant, la possibilité de se recréer.

Puis le monde est arrivé.
Oubliée,
La mer.
Délavé,
Le sable.
Amputés,
Nos corps.
Perforée,
Notre histoire.

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Louise Moaty

 Poésie  

Après une première vie de metteuse en scène et comédienne, elle s’est tournée vers l’écriture.

RÉVOLUTIONS

I.
Tout à coup elles se sont mises à trembler toutes les pierres se sont mises à trembler cailloux rochers
marbre granit pierres des chemins calcaire crayeux toutes les laves volcaniques autels sommets marches
des temples tout a frémi soudain pierres détaille clochers vieux ponts tous les pavés immense grondement
filons falaises fresques carrières tous les dieux écroulés pluie de silex statues ardoises échouées minéraux
diamants bruts saphirs entrechoqués onyx cristal de roche améthyste beauté soudain la beauté a tremblé et
tous les blocs immenses se sont mis à rouler des étendues rocheuses en un coup fragmentées pierres
tombales ou pierre à aiguiser les montagnes ont basculé éclats tremblants de dés brisés où le monde s'est recomposé


II.
et ils sont arrivés ils étaient là tous hachoirs couteaux serpes racloirs sortis guillotine fers de lance les
pointes barbelées lames feuilles de zinc et tout s'est déversé fortunes ciseaux doubles grêle de dents d'acier
pluie de fer de limaille vieilles pièces pliées une immense vague de métal vague d'éclats vague de bords
acérés axes masses marteaux roues de toutes factures bords de limes fendus et le plomb en coulée beau
venin insidieux plaque tordue poinçons reflets empoisonnés tout était prêt taillé fondu tout le poids des
enclumes râpes poussière d'or orage d'épées fines tous les miroirs crochets les scies rayons rouillés on a vu
on a vu les étaux se serrer éperons coutelas aiguille à chas percé pinces scalpels griffoirs les vis se sont
vissées les clous se sont cloués et alors tout s'est arrêté soudain une grande vague vague d'éclats vague de
fer et de bords acérés


III.
alors ils ont ouvert l'intérieur de leur corps ils avançaient le corps ouvert et tout se déversait ils avançaient le
coeur battait à l'air libre leurs organes d'écorchés ils jetaient leurs côtes une à une les chairs les foies les
rates et chacune de leurs dents brandie comme un trophée chaque empreinte sur leurs peaux et chacun de
leurs pieds visages masques de cire à gorges déployées mâchoires pendantes tout se déchire langues vrilles
intestins déroulés lassos ou cordes de pendus les yeux sortent de leurs orbites pas un poil ne servait à
obscurcir les lignes et puis des doigts des lèvres muscles tendons grattés ils avançaient à grands flots de
salive leur fiel aussi se déversait ils avançaient à grands pas d'os et déchiraient leurs veines pour faire jaillir le
sang bon moyen de prendre de l'avance tibias sortis appuis supplémentaires arriver au plus vite et ils jetèrent
leurs têtes par-dessus bord.

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